Suite de l’article précédent, « TYPE D’ECRITURE »

Fnepsa ENLUMINURE 1Déjà, sur certaines vignettes dorées égyptiennes, on trouve des enluminures Les Latins ont mêlé à l’écriture noire, des lettres rouges au minium, d’où le nom de miniatures, ou lait de craie rouge appelée rubrica d’où le mot "rubrique".

L’ornementation des manuscrits peut consister dans la substance employée pour écrire, dans la forme des lettres, dans les dessins peints...

L’écriture en lettres d’or forme la Chryographie (manuscrits byzantins). Puis on a aussi écrit en lettres d’argent sur vélin noir (XVème siècle). La première lettre des alinéas est la plus ornée, elle occupe l’espace de deux, trois lignes. Des ornements calligraphiques filiformes agrémentent l’écriture gothique dite fleurie, entrent dans le texte et remplissent les interlignes par des courbes, vrilles et crochets. Certaines de ces lettres sont dites "dragontines", "filigranées " : elles sont terminées par un retour en crochet. L’évolution de l’enluminure, au Moyen-Age est parallèle à celle des vitraux. La faculté de loger des illustrations dans les marges est née avec la création du codex. La surface attribuée à l’écrit une fois définie, laissait une place latérale assez large et libre et pouvait recevoir soit des textes - scolia ou commentaires - soit des illustrations. Les marges furent remplies parfois bien plus tard qu’à l’époque d’exécution du manuscrit par des traits de plume, des esquisses ou des illustrations complémentaires. L’autre avantage proposé par la marge était qu’elle rendait possible l’intervention tardive de l’enlumineur.
L’évolution favorisa la mise en pages des images dans les bordures. Elles pouvaient transmettre des informations sur le possesseur du manuscrit ; c’est là, en effet que l’on prévoyait la place des armoiries. Suivant des formules variées, les marges avaient donc été finalement acquises au déploiement de l’ornementation puis de l’illustration ; les fortunes diverses que leur peinture ont connues, surgies d’une invention foisonnante, furent un des attraits inépuisables de la pratique de l’enluminure à la fin du Moyen-Age. Les pays, les écoles et les artistes trouvèrent, dans les innombrables possibilités permises par la mise en page dans les marges, l’occasion de manifester leur originalité.

Un phénomène nouveau apparait au XIIIème siècle : la production de bibles de poche, complètes et compactes. Des dizaines d’exemplaires ont été enluminés dans les ateliers de Paris. C’est peut-être la nécessité de combattre l’hérésie qui favorisa l’éclosion de ce nouveau type de livre.
La Bible de Saint Louis est un livre de luxe, richement et délicatement enluminé. Ce livre est copié sur parchemin extrêmement fin presque translucide, qui est le lointain ancêtre de notre "papier bible" ; l’épaisseur de ses 700 feuilles ne fait que cinq centimètres L’initiale historiée fut sans doute l’apport le plus original du Moyen-Age à la mise en page de l’illustration.

Il y a deux catégories d’initiales :

1 - La forme des hommes et des animaux épouse celle de la lettre

2 - La lettre est utilisée comme un cadre pour y inclure la scène.

On revient à une plus grande sobriété à l’époque gothique : la lettre sert de cadre, ce système convenait particulièrement bien à l’illustration des bibles et perdura durant tout le Moyen-Age et même au-delà.
La lettre donc et son illustration ne furent pas ici conçues uniquement comme un signal mettant en scène le début du texte, mais comme résumé illustré du début du livre évoqué par une sélection de scènes.
La mise en page noue donc intimement la lettre et l’image. Un des premiers moines enlumineurs connus est Goderannus, qui travailla à la Bible de Lobbes, exécuta celle de Stavelot. Ce sont des ouvrages de grands formats.

Les initiales gothiques employées produisent une impression monotone. Le succès des ateliers parisiens dès la fin du XII ème siècle fut en partie lié à la demande croissante de bible. Cette production de bonne qualité est réservée à une clientèle relativement fortunée.

Fnepsa BAPTEME


 
Suite de l’article précédent, « L ENLUMINURE DANS LES PARCHEMINS », 

Suzanne CORTHESY