Gen-Paul - Cyclistes à Montmarte - Gouache 50x65 cm
Paris 1895-1975

Le dernier des grands expressionnistes de l’Ecole de Montmartre

Gen Paul est né le 2 juillet 1895, 96 rue Lepic à Montmartre d’une mère brodeuse et d’un père musicien de cabaret, clarinettiste et pianiste.

Après la maternelle de la rue de Caulaincourt et des études à la communale de la rue Lepic, il obtient son certificat d’études en 1908 et se retrouve garçon boucher. 
En 1911 il est apprenti tapissier et suit les cours de dessin le soir après son travail. Blessé durant la première guerre mondiale, il est amputé de la jambe droite, démobilisé en 1916, il revient à Paris décoré de la Légion d’Honneur. Les injections de morphine ne suffisent plus à calmer les souffrances de ses blessures, il essaie l’opium puis peu à peu s’adonne à l’alcool. Ne pouvant plus reprendre son métier, il peint sa première toile « Le Moulin de la Galette » qu’il voit depuis sa fenêtre et la vend 3 francs au marchand Raguenaud qui lui prendra toute sa production exigeant des vues de Paris, plus faciles à vendre. Durand cette première période, Gen Paul se lia d’amitié avec Juan Gris, Vlaminck, Derain et surtout avec Maurice Utrillo. L’influence qu’exerçait sur lui ses amis peintres constitua sa seule école. C’était un observateur à l’œil acéré, assimilant les choses d’instinct, au génie inné qui ne suivit aucun enseignement.

En 1920 il épouse Fernande, son amie d’enfance et son modèle et entreprend un tour de France qu’il finance par la vente de ses gouaches. Les toiles du début des années vingt, attestent une influence de ses amis Utrillo, Vlaminck, Frank-Will et Raoul Dufy puis plus tard de Toulouse-Lautrec ami de Suzanne Valadon la mère d’Utrillo chez qui il passait quotidiennement. « On peut dire que je suis né chez Valadon. J’étais un peu de la famille ». Vers 1923 il découvre le cirque et peint ses premiers portraits de clown, sujets qu’il affectionnera toute sa vie, comme les musiciens qu’il rencontre resteront sa principale source d’inspiration. Quelques années plus tard, c’est une peinture gestuelle et des coups de brosse dynamiques qui annoncent la seconde période de l’artiste.

1925 fut le départ de son voyage en Espagne qu’il parcourt de musées en expositions, influencé à tout jamais par Vélasquez, Le Greco, et surtout Goya. A son retour à Paris, il expose pour la seconde fois au Salon d’Automne. Dans les œuvres de cette période, emporté par les effets hallucinatoires de l’alcool, de l’angoisse et de la souffrance, on trouve un art habité par le désir du mouvement. Avant de commencer un tableau, Gen Paul faisait nombre d’esquisses, jamais satisfait, il les recommençait sans cesse, mais quel que soit le tableau il ne le considérait jamais comme terminé. La vie de bohême, la pauvreté, l’usage des drogues, ne sont pas les seuls critères de distinction du « peintre maudit ». Gen Paul s’entoure constamment de gens, il a une peur primale de la mort qu’il vaincra dans les années cinquante, sans jamais renoncer à sa liberté et jamais se soumettre aux marchands, suivant sa devise : « La liberté, ça n’a pas de prix ». Vers la fin des années vingt, il fait un séjour à Marseille où il cherche ses sujets autour du Vieux-Port et auprès des prostitués, puis en Italie où il découvre les compositions des peintres de la Renaissance. En 1929, il signe un contrat de 18 mois avec le marchand Georges Berhneim puis repart pour l’Espagne. La décennie des années trente commence mal pour Gen Paul, il est à l’article de la mort, Georges Berhneim son seul marchand ferme sa galerie et ne renouvelle pas son contrat, son ami Marcel Leprin meurt en 1933.

C’est en 1932 que Gen Paul rencontre Louis-Ferdinand Céline qui venait de connaître un énorme succès avec son premier roman « Voyage au bout de la nuit ». Céline devient vite l’un de ses fidèles amis qu’il affectionnait tout particulièrement pour son esprit et son talent. En 1937 Gen Paul est sollicité pour le décor du Pavillon du Vin à l’Exposition Internationale, plus de soixante mètres de long, une centaine de personnages, pour des raisons obscures, la peinture est refusée. A la suite de cet échec, Gen Paul quitte Paris avec Fernande pour New York et le Canada, en 1939 Fernande meurt d’un cancer et Gen Paul se retrouve à nouveau dans le plus grand désespoir.

En 1942, Gen Paul illustre « Voyage au bout de la nuit » et « Mort à crédit » de Céline, sa palette s’éclaire, les gris et les noirs font place à des tons plus vifs. Davaine écrit : « Le trait de Gen Paul est le verbe de Céline ». Après la libération, Gen Paul fréquente le milieu des courses et débute la série des cavaliers et des hippodromes.

En 1946, il part pour New York où il avait reçu une commande de six gouaches qui lui furent payées mille dollars pièce, une somme énorme pour l’époque. L’année suivante, Gen Paul rencontre Gaby Abet âgée d’une vingtaine d’années qui va devenir sa femme trois mois plus tard. Elle est jeune, belle et aime sa peinture, sa force, sa violence, son dynamisme. Un an plus tard, Gaby quitte Gen Paul suivant les prédictions de son amie Arletty. Gen Paul n’a qu’une famille ; ses amis. Au début des années cinquante, il rencontre Django Reinhardt et Sydney Bechet qui deviennent rapidement ses amis et furent pour lui une des grandes rencontres de son existence. Il fit plusieurs portraits de Reinhardt et de Bechet, qui furent plus tard utilisés pour les couvertures de leurs albums.

En 1952, la prestigieuse galerie Drouant et David organise une rétrospective des œuvres peintes à l’huile du « peintre maudit » et parallèlement à la galerie du Cirque il expose une trentaine de gouaches. La rétrospective fut un grand succès, toutes les toiles furent achetées par l’américain Jacques Sarlie.

En 1953, le marchand Roger Ferrero mit à sa disposition l’atelier qu’il possédait à Genève et c’est durant cette période que Gen Paul découvrit les crayons Caran d’Ache, dont il fit soudain grand usage. Ils étaient faciles en main, fluides et ils épousaient parfaitement son style gestuel. Gen Paul fut l’un des premiers artistes à utiliser ces crayons.

En 1954, Gen Paul retourne à New York et rencontre Edith Piaf et Charles Aznavour, c’est après cette rencontre que le nom d’Edith Piaf apparut souvent dans ses gouaches du Moulin Rouge. Aznavour commença l’acquisition d’une importante collection d’œuvres de l’artiste.

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Les Cavaliers
huile sur toile 50x65 cm
AUTEUR : Jean Paul Sourillan
Galerie SOURILLAN 19 rue Ozenne 31000 Toulouse Tél : +33(0)6 07 56 29 15
TOULOUSE –PARIS – NEW YORK

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