Suite de l’article précédent, « LES PIGMENTS POUR ENLUMINURE  »

Fnepsa ARISTOTE

De Animalibus, début du XIV ème siècle Augustin, De civitate Dei, XVème siècle

La mise en page des prières à St-Martin dans les "Heures de Louis de Laval" (1411 - 1489), offre un exemple spectaculaire du rôle acquis par l’encadrement de l’image dans les manuscrits de la fin du Moyen-Age. Exceptionnelle par la beauté de ses enluminures et leur abondance qui en font l’un des plus remarquables manuscrits du XVe siècle français.

Un des éléments essentiels de ce scénario est l’encadrement architectural de l’ensemble. Dès le début de l’histoire de l’illustration, il fallait accorder un certain luxe à la présentation de l’image. Plus souvent, les illustrations inscrites dans les colonnes de l’écrit, lorsqu’elles n’étaient pas jetées librement sur le parchemin, étaient entourées de fines baguettes ou d’un trait de plume.

Le cadre est compris comme un élément de séparation et en même temps de liaison avec le parchemin et avec le passage écrit ou orné de la page. Il assure le respect des fonctions de chaque élément. Le cadre fut un des lieux d’exercice à la fantaisie médiévale. Il affecta très tôt des formes architecturales. La fabrication des bibles moralisées constitua une entreprise exceptionnelle du XIIIe au XIVe siècle.

Leur diffusion est limitée au cercle étroit de l’entourage royal. C’est une présentation illustrée de la Bible et de son commentaire plutôt moral. Il a fallu élaborer une mise en page systématique : Chaque page porte :

- des textes brefs et des illustrations correspondantes, le résultat est celui d’un livre d’images ces images sont sous forme de scènes logées dans des médaillons qui rappellent l’art des verrières ou vitrail. L’effet est d’autant plus efficace que l’envers des folios laissé vierge, laisse filtrer une luminosité qui fait vibrer les couleurs. Outre les conditions compliquées de l’élaboration de l’œuvre, sa réalisation technique posait aussi des problèmes particuliers, ne serait-ce qu’en raison de l’ampleur du travail et de l’organisation indispensable requise : Assurer les phases matérielles de préparation et de réglures du parchemin, de l’encre et des couleurs, planifier, après avoir prévu des instructions précises pour chacun, la répartition des quartenions entre peintres et copistes ; veiller au séchage des feuillets entre toutes les différentes opérations, puis à leur réajustement. A cette époque, seul le centre parisien pouvait remplir de telles exigences. Outre les difficultés techniques, se posait le problème du coût faramineux.

A Paris, seul le roi ou un membre de son entourage pouvait commander de tels ouvrages. Une séparation entre les tâches du copiste et de l’enlumineur chargé des parties purement décoratives s’opère dès l’époque carolingienne, mais c’est à la fin du XIVe siècle que se distingue l’enlumineur chargé des parties purement décoratives (lettres ornées et bordures) du miniaturiste responsable de l’illustration proprement dite (spécialiste des petites scènes historiées) lorsqu’un enlumineur se voyait confier sa tâche, les bifolios non reliés qui lui étaient remis, se trouvaient déjà écrits. Auparavant, toutes les décisions concernant la fabrication du manuscrit avaient. été prises : qualité, format et préparation du parchemin, mise en page de l’écriture prévoyant la place et le type des initiales ornées et des images. Il y avait aussi des espaces blancs laissés pour l’intervention de l’enlumineur. Souvent, on lui confiait un manuscrit déjà illustré, parfois ancien qu’il devait reproduire. L’illustrateur pouvait aussi se trouver, surtout à partir de la période gothique, dans une position moins contraignante L’enlumineur était aussi guidé par des indications rédigées à son intention ces notes furent surtout nombreuses à partir du XIVe siècle. En règle générale, l’enlumineur n’était responsable ni de la mise en page, ni de la définition des sujets à exécuter aux places prévues. Il y avait, dans un atelier d’enlumineurs des artistes spécialisés : les uns pour la pose des feuilles d’or, les autres pour le traitement des fonds et des "histoires".

Fnepsa AUGUSTIN

SAINT-AUGUSTIN

Une suite sera donnée

Suzanne CORTHESY