Nous trouvons trace des premiers mécanismes de tournebroches à poids vers les années 1558. À cette époque, de tels mécanismes étaient installés dansFnepsa dessin tournebroche les grandes demeures, les châteaux, les hospices et contribuaient à élaborer les cuissons des divers rôtis, poulardes dans les grandes cuisines conçues pour de grands repas

Il est vrai qu’à l’époque, la cuisson des aliments n’était possible qu’au feu de bois et les cheminées des cuisines n’avaient rien des décors conviviaux et chaleureux de nos jours. Ces mécanismes installés à côté de la hotte, étaient munis de poulies sur lesquelles étaient pendues des chaînes entraînant les broches accrochées sur les hastiers ou landiers.

Ces systèmes remplaçaient les happelopins, Les enfants engagés dans les cuisines tournaient ces grandes broches (ou hastes) derrière des sortes d’écrans. Il existait aussi des mécanismes entraînés par des cages en bois, elles mêmes emmenées par des petits chiens appelés tournebroche (ce que l’on retrouve dans les cages à écureuils)...

 

Au fur et à mesure que le progrès et le confort s’installent dans les demeures devenues plus familiales et individuelles, les tournebroches se perfectionnent et évoluent suivant les critères suivants : En premier lieu les rouages, les vis sans fin et divers axes en fer étaient fabriqués par des « orlogeurs », et par des « frères » forgerons de l’époque qui vont faire évoluer les diverses technologies de ces mécanismes, par exemple le système d’ordre à vis qui entraîne le régulateur, est décentré, puis vient à se centrer à la fin du XVIIème siècle . Les différentes formes de régulateurs vont aussi évoluer : des petits volets tournants vont faire office de freins , au début on y fixait des plumes d’oiseaux.

Les poids qui entraînaient ces mécanismes vont aussi passer du simple galet au poids de plomb fondu, en pierre, en granit ou en fonte de fer. Ils facilitent les recherches de fabrication. En effet l’origine d’un galet ou d’une pierre peut nous indiquer la Région originale.

Ceci dit, au niveau de la technologie même, je pense que des plans circulaient et étaient véhiculés notamment par des pèlerins ou des compagnons et fournissaient nombre de données mathématiques utiles à la mise en œuvre. J’ai rencontré aussi des tournebroches en bois qui semble-t-il, étaient conçus par des artisanats amateurs à même de satisfaire leur clientèle. Au gré de mes recherches j’ai pu voir certains mécanismes ornés de platines plus ou moins travaillées. La coquille St Jacques reste un ornement assez courant et est le symbole de la convivialité et de l’hospitalité, face aux pèlerins fatigués de leur voyage vers Compostelle. Il, faut connaître la saveur d’une viande rôtie au feu de bois, si vous la désirez moelleuse et plus grasse, le sens de rotation de la broche doit remonter au feu si au contraire vous voulez une viande dégraissée, le sens inverse de rotation (descendre au feu) doit faire tomber la graisse dans le lèchefrite préalablement disposé sous la broche. Mais je ne résiste pas à vous citer quelques vers de Mademoiselle de Maupin De TH Gautier dont l’action se passe au début du XIXème siècle dans un hôtel. « Le chien se leva et se dirigea vers une espèce de roue où il entra avec un air piteux et résigné, en me lançant un regard de reproche. Enfin, voyant qu’il n’avait pas de grâce à espérer, il se mit à faire tourner sa roue et par contrecoup, la broche ou était enfilé le poulet dont je devais souper ».

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Tournebroche époque XVIIIème siècle

Une suite est donnée à cet aticle.« L’Art du feu »

Christophe DIEUTRE