Accueil > Actualités > Les armoires normandes (2) : la viroise

Les armoires normandes (2) :
la viroise par Claude Vilars

 

Armoire viroiseSi Vire peut s’enorgueillir d’un passé historique glorieux, il faut attendre le XIXe siècle pour qu’une production mobilière très typée vienne parfaire, dans les maisons de granit bleu, nichées dans l’écrin de verdure du Bocage, les décors des Virois et de la région environnante.

Il est reconnu, je crois sans conteste, que le travail réalisé dans le Bocage Virois (Vire et une périphérie d’environ 20 km) possède un plus qui se caractérise par une finesse de sculpture, une puissance et une nervosité qui font vivre les détails, une harmonie générale qui fait penser à une musique bien composée.

Ces armoires « en robes de mariées » sont là pour ravir l’oeil et en même temps l’apaiser ; poèmes achevés, elles sont le témoignage constant de nos traditions.

Le Bocage Virois a toujours été un pôle actif pour les menuisiers sculpteurs

À notre connaissance, un des premiers laissant trace est Thomas Blanvillan qui fit en 1535 des bancs pour l’Eglise de Mesnil-Clinchamps. Puis « l’an 1609 le samedi 9 May » François Gaucher et Colas son Fils, livrèrent, également à Mesnil-Clinchamps, « le grand banc à dossier et quatre chaises qui se haussent et s’abaissent » le tout pour Quatre livres’’.

Au XVIIe et au XVIIIe siècles, quelques ateliers travaillent pour la région. Il nous faut, cependant, attendre le XIXe siècle pour voir littéralement éclater la production de cette région. Pourquoi ? Plusieurs réponses qui toutefois se regroupent :

1) Développement de l'industrie

L’armée napoléonienne fit grande consommation de drap pour habiller ses soldats. Les « foulons » virois surent profiter de cette demande et en retirer tous les bénéfices possibles. Cette aisance, vite connue, favorise l’installation d’artisans. L’éternel effet « Boule de neige » d’une région qui réussit.

2) La sédentarisation des ouvriers

Notamment entre 1811 et 1814 – période pendant laquelle l’Empire autorise les hommes contractant mariage à rentrer chez eux, après de trop longues guerres. Si la plupart retournent à l’agriculture, les plus qualifiés retrouvent, avec bonheur, ciseaux et gouges.

3) Réaction au style officiel

Les meilleurs sculpteurs voient, à la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècles, s’épurer les lignes du mobilier (notamment dans l’esprit de G. Jacob), triompher le placage, réservé aux ébénistes. Ces traits simplifiés vont, du reste, favoriser l’épanouissement des premières fabrications de meubles en série ! Oui – déjà Ils doivent alors porter ailleurs leur talent.

Nous réunissons là trois conditions essentielles : le financement - la main d'œuvre - le savoir-faire ou la connaissance.  L’ensemble de ces critères interviennent dans le prix d’une armoire normande.

Une suite est donnée à cet article : Les armoires normandes : les sculpteurs

Partager cette page :
14, avenue de l'Opéra
75001 Paris
France

* Champs obligatoires

Vous pouvez télécharger un ou plusieurs fichiers :

  1. Cliquez sur le bouton "Sélectionner vos fichiers" et sélectionnez un fichier.
  2. Pour supprimer le fichier, cliquez sur la croix rouge à droite de ce fichier.

« Les informations recueillies font l’objet d’un traitement informatique destiné à répondre à votre demande de contact. Elles sont conservées pendant la durée nécessaire pour répondre à votre demande de contact ne sont destinées uniquement à la société FNEPSA. Vous disposez d’un droit d'accès, de rectification, d’effacement, de limitation, de portabilité et d’opposition pour motif légitime aux données personnelles vous concernant.

Conformément à la réglementation sur les données à caractère personnel, et notamment les articles 13 et 14 du RGPD, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification, de mise à jour, d’effacement aux informations vous concernant, ainsi que du droit à la portabilité de vos données personnelles, que vous pouvez exercer en adressant un émail à l’adresse suivante : contact@fnepsa.fr ou par voie postale à l’adresse suivante : 14, avenue de l'Opéra, 75001 PARIS, FRANCE

Vous pouvez également demander une limitation du traitement de vos données personnelles et, pour des motifs légitimes, vous opposer au traitement des données vous concernant à l’adresse indiquée ci-dessus.

Par ailleurs, la loi vous permet d’introduire un recours auprès de la CNIL selon les modalités indiquées sur son site (https://www.cnil.fr) »