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Les faux dans l’Art Déco par Alexandra Jaffré

Exposition internationale des arts décoratifs de 1925

Un marché sous tensions...

L’Art Déco est une période de création des arts décoratifs née en France à partir de 1909, date du premier Ballet Russe donné à Paris. Elle a vu son apogée à l’Exposition internationale des arts décoratifs industriels et modernes en 1925. La célèbre crise financière de 1929 marque symboliquement son déclin.

Au début des années 1970, la production artistique de cette période a été redécouverte par des marchands, pionniers d’avant-garde. L’émergence de ce jeune marché s’est accompagnée d’une demande supérieure à l’offre, entraînant naturellement l’apparition de faux.

Qu’est-ce qu’un faux ?

Le faux est un « mensonge matérialisé » qui prend la forme physique d’un objet destiné à tromper l’acheteur qui pensera acquérir une œuvre authentique.

Cette appellation regroupe les faux simples, c’est-à-dire des copies modernes fabriquées à partir d’un modèle original, portant parfois une fausse signature.

S’y ajoutent les faux artistiques, véritables plagiats modernes qui ne copient pas des modèles existants mais sont des fabrications originales conçues en puisant dans le répertoire stylistique de l’artiste plagié. Ils sont destinés à faire croire qu’ils sont d’authentiques créations non référencées.

Sont encore considérés comme des faux les meubles ou objets d’époque portant la marque contrefaite de noms prestigieux.

Le faussaire, un profil qui se répète

Les faussaires actifs sur le marché de l’Art Déco n’ont rien inventé des techniques éculées de leurs prédécesseurs en supercheries depuis que le commerce de faux s’est répandu au XVIIe siècle. Leurs trucs restent les mêmes pour l’Art Déco quand il s’agit de matériaux utilisés séculairement comme le bois, le métal, l’ivoire et la laque. Jean Dunand, Eileen Gray, Paul Iribe, Pierre Legrain, Gustave Miklos, Armand-Albert Rateau, Clément Rousseau, Jacques Émile Ruhlmann et Eugénie O’Kin sont, entre autres, les victimes post-mortem de faussaires modernes. De même qu’Eugène Printz, Pierre Chareau et Jean-Michel Frank.

Un faux reste détectable

L’objet original imité ou plagié n’est cependant jamais entièrement compris. Un faux perd toujours de l’information par rapport à l’original que ce soit dans la précision de ses détails, la qualité d’exécution, la maîtrise des techniques ou dans la compréhension du style de l’artiste. Les indices de vétusté n’existent pas ou ne sont pas convaincants. Souvent des éléments anachroniques le dénoncent.

Pour accompagner le faux Art Déco, le faussaire a parfois recours à des procédés narratifs frauduleux. Il peut demander des certificats à des ayants droit manipulés, inventer de fausses provenances ou usurper des identités, utiliser de vrais dessins préparatoires ou fabriquer de faux documents anciens, mais aussi monter des mises en scènes photographiées en noir et blanc pour donner l’illusion de l’ancienneté de la pièce délictueuse. Cette « belle histoire » manquera néanmoins de cohérence, soit dans sa logique propre, soit par rapport à l’objet.

Même s’il peut sembler bien exécuté et être accompagné d’une narration apparaissant plausible, un faux porte en lui tous les indices de son illégitimité.

À l’expert Art Déco de les démasquer.

 

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